Festival de la Francophonie 2016 : Soirée France

Festival de la Francophonie 2016 : Soirée France.
Discours du consul général à l’occasion de la conférence de l’auteur Jean Rouaud, Prix Goncourt 1990.
(Chicago, le 14 mars 2016)



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Cher Hervé de la Vauvre,
Cher Jack McCord,
Chère Aimée Laberge,
Chers amis,


J’ai l’honneur et la joie de vous présenter Jean Rouaud.

Vous êtes un merveilleux romancier, prix Goncourt 1990, adoré du grand public. Vos livres sont publiés dans trente pays. Trois de vos romans ont déjà été traduits en anglais : Fields of Glory, Of Illustrious Men et The World More or Less.

Vous avez trouvé conquis la fidélité de millions de lecteurs dès votre premier roman : Les champs d’honneur. Un cycle de romans familiaux a suivi, tous publiés aux éditions de Minuit, alors dirigées par Jérôme Lindon : Des hommes illustres, Le monde à peu près, Pour vos cadeaux et Sur la scène comme au ciel.

Dans ces mémoires familiaux, vous ne respectez pas toujours la chronologie, vous changez volontiers les noms des personnes et des lieux. Vous composez une galerie de portraits émouvants à partir de souvenirs déposés en vous par des proches disparus. Les deux guerres mondiales servent de toile de fond.

Vous n’êtes pas poétiquement tendre avec vous-même. Votre myopie vous interdit de voir le monde correctement. En cas d’incendie, vous entravez l’action des pompiers, au risque de laisser brûler la cathédrale de Nantes. En cas de problème, vous prenez la fuite en Solex. Tous ces faits sont avérés puisqu’on les trouve dans vos romans !
Vous avez écrit plus de vingt romans. De nombreux essais aussi. Vous y abordez l’un de vos thèmes de prédilection : la littérature, ou plutôt l’écriture. Vous avez écrit sur Arthur Rimbaud et René-Guy Cadou. Vous avez adapté Moby Dick. Vous avez co-signé le manifeste « Pour une littérature-monde en français ». Vous avez publié Etre un écrivain et Misère du roman. Vous n’êtes pas toujours d’accord avec vos contemporains.

Et puis, il y a Juliette Gréco, et aussi Johnny Hallyday, pour qui vous avez écrit des chansons. Je crois d’ailleurs que Jack McCord et Aimée Laberge ont prévu de les interpréter en fin de soirée.

Du 13 au 20 mars, cher Jean Rouaud, vous nous honorez de votre présence dans le Midwest. A l’invitation du Service culturel, vous participez au Festival de la Francophonie de l’Alliance française. Vous êtes allés aujourd’hui à la rencontre des élèves du Lycée français et des étudiants de l’Université de Chicago. Vous serez demain à Urbana-Champaign. En fin de semaine, vous prendrez la parole dans le cadre du colloque international des littératures francophones qu’organise le Centre francophone de l’Université Webster à Saint Louis.

Ce soir, nous allons avoir le privilège de vous écouter en conversation avec une amie du Consulat de France. Alison James est professeure de littérature française à l’Université de Chicago.

Vous êtes, chère Alison, spécialiste des littératures françaises des vingtième et vingt-et-unième siècles. Vous avez consacré de nombreuses études à Georges Pérec, Jacques Roubaud et l’Oulipo. Vous vous intéressez aux œuvres qui s’inspirent des approches documentaires. Vous aimez les recherches expérimentales qui dialoguent avec la philosophie ou le cinéma. Vous vous demandez comment la littérature représente le quotidien. En novembre, vous avez organisé un colloque intitulé « Fiction/Non-Fiction » auquel les romanciers Luc Lang et Marianne Rubinstein ont participé. Le mois dernier, vous étiez en conversation avec la romancière Maylis de Kerangal à la Newberry Library.

Avant de vous laisser la parole, j’aimerais encore vous faciliter les choses. Alison, vous allez poser toutes sortes de questions à Jean. J’ai consulté son site : www.jean-rouaud.com

J’y ai découvert une liste de questions toutes prêtes déjà posées par des étudiants et des journalistes. Un père de famille, qui n’a pas de filles, demande : « Quelles sont, pour vous, les valeurs les plus importantes que la famille doit transmettre aux fils ? » Un géographe s’interroge : « Etes-vous un écrivain du littoral ? » Un pessimiste dissimule mal ses opinions : « On assiste de plus en plus à la vente au rabais de la pensée. Sous prétexte de démocratisation, on vulgarise tout. Et l’écrivain dans tout cela ? » Un hypocondriaque croit Jean malade : « Pour qui écrivez-vous ? Est-ce pour guérir ? »

J’ai hâte d’écouter vos réponses à toutes ces questions.

Bonne soirée à tous !

Les photos de la soirée

Dernière modification : 17/03/2016

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